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Nettoyage mécanique VS nettoyage manuel

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LES PLAGES, LEURS PROPRIÉTÉS ET LA “PROPRETÉ”


« Exceptionnel vecteur d’attractivité touristique des territoires, les plages sont trop souvent réduites, dans l’imagerie populaire, à la vaste étendue de sable fin et d’une propreté immaculée, dédiée aux loisirs de bord de mer : une jolie “carte postale” qui ne montre rien de leurs réalités, de leur utilité, de leur complexité et de leur fragilité, y compris au regard d’un nettoyage inapproprié...

L’envers de ces “décors” touristiques, c’est le nettoyage, le plus souvent mécanique, qui dénature les paysages réels des plages et qui, plus grave, fragilise le littoral et en appauvrit la biodiversité.

Or, à l’interface entre mer et terre parfois très urbanisée, les plages sont tout à la fois... :

  • Des espaces “remparts” naturels, en perpétuel mouvement : reflet du budget sédimentaire côtier, le système plage/dune s’avère un précieux amortisseur de l’énergie érosive de la mer et du vent.

  • Des milieux originaux fourmillant de vie et composant un écosystème à très haute valeur biologique et patrimoniale.

  • Les réceptacles des laisses de mer (bois flotté, algues, coquillages, os de seiche...), essentielles pour l’engraissement dunaire, vitales pour la biodiversité ; des déchets anthropiques nuisibles comme les hydrocarbures ; des macro-déchets (plastiques, cordages, filets, flotteurs, verres, fer, casiers, poches à huîtres...).

  • Des espaces fréquentés pour de multiples usages : tourisme, loisirs (pêche, sports de plage et nautiques, chasse...), professionnels (conchyliculture, saliculture, restaurants, campings...), eux-mêmes conditionnés par le bon état écologique et sanitaire des plages.

  • Les victimes de l’incivilité attestée par la fréquentation anarchique et l’altération des dunes, mais aussi par la prolifération des détritus (restes de pique-nique, emballages, mégots de cigarette...) abandonnés voire enfouis dans le sable par des usagers indélicats.

Autant de paramètres à prendre globalement en compte pour mieux raisonner le nettoyage des plages, afin qu’à l’avenir, celui-ci, préférentiellement manuel et sélectif, contribue à leur préservation... plutôt qu’il ne participe “mécaniquement” de leur dégradation ! »

En France, la gestion raisonnée du nettoyage de plage est appuyée par la Circulaire ministérielle du 20 janvier 2012, relative à la gestion durable et intégrée du domaine public maritime naturel - NOR : DEVL1121741C, dont un extrait vous est présenté ci-dessous :

“Intégrer les bonnes pratiques environnementales dans les autorisations d’occupation du domaine public maritime, par exemple : l’utilisation de matériaux recyclables, les chantiers propres, les installations fonctionnant avec des énergies renouvelables, le nettoyage des plages par des moyens non mécaniques, afin de préserver les laisses de mer, qui constituent un élément important de la biodiversité sur le rivage et qui participent à la lutte contre l’érosion côtière, le ramassage sélectif et manuel des macro-déchets, leur bonne évacuation et leur élimination, l’intégration paysagère des aménagements, la préservation et la restauration des zones humides et des écosystèmes marins et littoraux sensibles (vasières, herbiers, récifs coralliens, mangroves, zones d’étangs salés arrières littoraux). »

(source : Rivages de France )